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Le récit des voyages et aventures de François Leguat et de ses compagnons * * * |
L'édition originale du récit publié par François Leguat en 1708, chez David
Mortier, à Londres, est parue en deux volumes sous le titre suivant :
Voyages et aventures de François Leguat et de ses compagnons en deux isles
désertes des Indes orientales, avec la relation des choses les plus remarquables
qu'ils ont observées dans l'isle Maurice, à Batavia, au cap de Bonne-Espérance
dans l'isle Ste-Hélène, et d'autres endroits de leur route.
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Voir bibliographie
Le récit de Leguat a suscité cependant un certain scepticisme. Au cours des siècles
qui suivirent sa parution, bien des
critiques ont prétendu que les faits rapportés n'étaient pas vrais, mais relevaient
plutôt du domaine de l'imaginaire. En 1979, Alfred North-Coombes publia une thèse
[1] permettant d'établir
définitivement l'authenticité des faits.
L'ouvrage de Leguat contient incontestablement des observations précieuses sur l'île
Rodrigues
de l'époque (1691-1693), sa faune, sa flore et sur la vie quotidienne des huit aventuriers
dont voici un extrait :
Quand nous eûmes achevé de préparer ces petites habitations, le capitaine, qui avait demeuré quinze jours à la rade, leva l'ancre, après nous avoir laissé la plus grande partie de ce qui nous avait été destiné, c'est-à-dire, du biscuit, des armes, de la poudre et du plomb; des ustensiles d'agriculture, de ménage et de pêche; des outils; de tout en un mot, excepté des drogues , petit secours dont nous nous trouvâmes privés par oubli. Outre cela , chacun avait ses provisions particulières.
(…)
On peut aller partout aisément, puisqu'il n'y a point ou qu'il n'y a que très peu d'endroits qui ne soient de facile accès, et qu'on rencontre partout de quoi manger et boire. Le gibier est abondant; dès que nous frappions sur un arbre, ou que nous poussions de grands cris, les oiseaux accouraient de toutes parts à l'entour de nous. Alors la Providence nous disait, Tue et mange, et nous n'avions qu'à battre le fusil et à faire du feu pour faire grand'chère. On trouve aussi partout des tortues, et l'air est si doux, qu'on peut coucher sans crainte à la belle étoile.
J'ajouterai, sans pharisaïsme, que nous avions tous les jours nos exercices de dévotion réglés; le dimanche, nous faisions à peu près ce qui se pratiquait dans nos églises de France, parce que nous avions la Bible entière, nos saints cantiques, un ample commentaire sur tout le Nouveau Testament, et plusieurs sermons de la vieille roche, qui étaient des discours raisonnables.
(…) Nous jouions quelquefois aux échecs, au trictrac, aux dames, à la boule et aux quilles. La chasse et la pêche étaient un peu trop aisées pour y prendre un fort grand plaisir. Nous en trouvions quelquefois à instruire des perroquets. Nous en portâmes un à l'île Maurice, qui parlait français et flamand.
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